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Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, actuellement en campagne électorale, a annoncé mardi la création de l’Agence nationale géospatiale et spatiale du Zimbabwe (ZINGSA). Ses missions consisteront à déployer des satellites d'observation de la Terre et de navigation permettant de récolter des données sur l'hydrographie ou la géologie. Ces informations serviront à améliorer les performances agricoles, l'exploration minière, la surveillance de la santé, de la faune ou de l'écologie. La ZINGSA va devenir un "outil de la modernisation et de l'industrialisation du pays", s’est félicité Emmerson Mnangagwa, qui se présentera aux élections présidentielles du 30 juillet prochain.

11 juillet 2018 - Latribune.fr - Journal-aviation.com – Lapresse.ca – 20minutes.fr

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/afrique-moyen-orient/32563-lafrique-a-lheure-de-laventure-spatiale-en-2017

L’Algérie a lancé depuis la Chine son sixième satellite. Premier spécialisé dans les télécommunications, celui-ci est très différent de Mohammed VI-A, mis sur orbite par le Maroc début novembre. En trois questions, TelQuel.ma vous explique pourquoi.

Quelles seront les missions d’Alcomsat-1?

Baptisé Alcomsat-1, le satellite algérien assurera principalement trois missions: télédiffusion autonome, amélioration du positionnement GPS, transmission de donnés.

Neuf transpondeurs sur 33 seront consacrés au premier usage. Ceux-ci devraient permettre, dès le deuxième semestre 2018, l’émission d’une centaine de chaînes de télévision en qualité standard - une vingtaine en HD. Annoncé pour courant 2019, le nouveau signal GPS atteindra une précision d’un mètre, au lieu de cinq aujourd’hui. Enfin, l’engin offrira une connexion Internet qui se veut complémentaire de la fibre optique, avec des débits de 10 à 20 Mbps disponibles à terme (contre 512 Kbps actuellement).

"Alcomsat-1 permettra la continuité de fonctionnement des services de télécommunications en cas de catastrophes naturelles majeures", développe l’APS, précisant que "la surveillance des frontières fait également partie des objectifs du nouveau satellite". Selon l’agence de presse algérienne, plus de 300 agents ont été formés pour assurer "l’assemblage, le contrôle et l’exploitation" de l’appareil, qui sera piloté depuis deux stations implantées à Bouchaoui (Alger) et Boughezoul (150 kilomètres au sud de la capitale). Fruit de quatre années de travail, son coût est estimé entre 250 et 300 millions de dollars.

En quoi est-il différent des cinq autres satellites algériens?

Le voisin de l’Est a initié sa stratégie spatiale dès la fin de la décennie 1980, avec la création d’un Centre nationale des études spatiales (CNTS). En 2002, l’Agence spatiale algérienne (ASAL), placée directement sous la tutelle du gouvernement, voit le jour. La même année, le premier micro-satellite sort des ateliers du Centre de développement d’Oran, pour commencer à tourner à 670 kilomètres au-dessus de nos têtes. Comme ses trois jumeaux qui le rejoindront de 2010 à 2016 - décollant de la base indienne de Sriharikota - il est destiné à l’observation de la Terre. Les photos qu’il prend "répondent, entre autres, aux objectifs liés à la protection de l’environnement et des différents écosystèmes naturels, l’aménagement des territoires et du littoral, ainsi que la prévention et la gestion des risques naturels", détaille l’APS. Quant au cinquième de la fratrie Alsat, conçue en collaboration avec le Royaume-Uni, il transmet des données destinées essentiellement à la recherche scientifique.

Dans le cadre du Programme spatial national 2020-2040, le lancement d’autres "satellites de dernière génération" a d’ores et déjà été annoncé.

Le Maroc a-t-il quelque chose à craindre?

Un peu plus d’un mois avant la mise en service d’Alcomsat-1, le Royaume a mis sur orbite son satellite Mohammed VI-A. Selon Florence Gaillard-Sborowsky, en charge des questions spatiales à la Fondation pour la recherche stratégique, cela relève plutôt de la coïncidence. "L'Algérie s'inscrit beaucoup plus dans une politique de développement de capacités, et ce depuis 2006. Il y a également, en s'associant aux Chinois, une volonté de bénéficier d'un transfert de technologies. Les conditions d'acquisition du satellite Mohamed VI-A, en revanche, s'apparentent à un simple contrat d’armement", estime cette experte, citée par sputniknews - à noter que si aucun usage militaire n’a été publiquement assumé côté algérien, des sites spécialisés évoquent deux transpondeurs pouvant être utilisés "à des fins militaires ou stratégiques".

Pour le Dr Abdelwahab Chikouche, directeur d’études, chargé des programmes spatiaux et du développement Industriel à l’ASAL algérienne, les deux engins n’ont également rien à voir. "Le satellite marocain apporte des données à haute résolution, défilant à environ 680 kilomètres au-dessus de la Terre. Alcomsat-1 est un satellite de télécommunications, géostationnaire à une altitude de 36 000 kilomètres. Avec cet appareil, l’Algérie répond à d’autres besoins", explicite-t-il.

Le président de l'African Aeronautics & Space Organisation partage le même avis. "Le lancement de quatre satellites africains en 2017 était sans doute un hasard du calendrier, mais elle fera date", analyse Sékou Ouédraogo, interrogé par France24. "Avec cet dynamique, de plus en plus de chefs d'États vont se tourner vers l'espace, et de plus en plus de prestataires aérospatiaux s'intéresseront au marché émergent qu'offrira l’Afrique".

par Thibault Bluy

http://telquel.ma/2017/12/25/a-quoi-sert-alcomsat-1-sixieme-satellite-algerien_1574286

2017 a consacré l'émergence des "small sat", ces mini-satellites de moins de 600 kg envoyés en orbite basse. Il y a eu l'année dernière quelque 335 lancements enregistrés : un chiffre record, multiplié par 6 en cinq ans. Et l'avenir s'annonce florissant : "il y a actuellement 160 propositions de constellations avec un total de 25 000 petits satellites", note Martin Sweeting, Président exécutif de l'opérateur français Surrey Satellite Technology. Les constellations de mini-satellites permettent un renouvellement des clichés d'observation de la Terre inégalé, ainsi qu'un Internet haut débit bon marché. Quelques ombres au tableau subsistent toutefois : la rentabilité d'abord, puisque les lancements, par ailleurs limités aux espaces restés vacants sur les lancements de plus gros volumes, restent trop chers et trop limités. Parallèlement, les "small sat" disposent d'une durée de vie réduite, puisque placés en orbite basse et dépourvus de systèmes de propulsion, ce qui les amène régulièrement à retomber en brûlant dans l'atmosphère. Enfin, la valeur des images d'observation des petits satellites reste limitée car "deux-tiers d'entre elles sont composées d'océans et de nuages, et pour le besoin d'informations locales, les drones restent plus performants", estime Grégory Pradels, chargé du développement des applications nanosats d'Aerospace Valley. Les enjeux du boom des mini-satellites réside autour de lancements qui leur soient uniquement dédiés, de la miniaturisation des systèmes de propulsion et du renforcement de la chaîne de valeur par de l'analyse des images collectées.

13 février 2018 - Les Echos

 

Le lancement le 26 décembre d'un satellite par l'Angola viendra conclure une année faste pour l'aérospatial africain. Sept nations du continent ont désormais des engins en orbite, ce qui ne va pas sans provoquer quelques tensions au sol.L'Angola aura le regard tourné vers les étoiles mardi 26 décembre. Le pays lancera son premier satellite de communication, Angosat, conçu par des ingénieurs russes. Preuve de l’importance de l’événement dans le pays, la télévision publique suivra en direct la trajectoire de l'appareil, lancé à travers un porte-fusée ukrainien Zenit, décollant du Kazakhstan.

L'année 2017 aura été une année intense pour l'activité spatiale africaine. Quatre nouveaux satellites appartenant à des États africains ont été lancés dans l'espace. Si le lancement du satellite angolais se déroule sans problème, le pays deviendra la 7e nation africaine à posséder un engin en orbite géostationnaire au-dessus de la terre, après le Maroc et le Ghana qui ont également lancé un appareil en 2017. Jusqu'à cette année faste, le club des États africains possédant leurs propres satellites restait assez restreint. On en dénombrait quatre : l’Algérie, l’Égypte, le Nigéria et l’Afrique du sud. Ces deux derniers sont les poids lourds du club et font figure de pionnier. Le Nigeria a créé son agence spatiale dès 1999, la National Space Research and Development Agency (NASRDA). Opérationnelle le 1er août 2001, elle met en orbite son premier satellite deux ans plus tard : NigeriaSat-1, construit en collaboration avec l’entreprise britannique. L'Afrique du sud, quant à elle, aura attendu 2010 pour mettre sur pied sa propre agence spatiale, la Sansa. Cependant, le premier satellite sud-africain SunSat avait été lancé en 1999, avec l'aide de la Nasa.

Le Ghana affiche son ambition. Mais le lancement d'un satellite par le Ghana en juillet fait figure de symbole. L’appareil a été entièrement fabriqué au Ghana : "Au-delà de sa fonction d'observation, ce satellite a une vocation éducative et symbolique. Il vise à donner un sentiment de fierté aux universitaires ghanéens. Le pays affiche ici son ambition, ses compétences et ses moyens", explique Sekou Ouédraogo, président de l'African Aeronautics & Space Organisation et auteur en 2015 du livre "L’Agence spatiale africaine, vecteur de développement", à France 24. Pour cet ingénieur de Safran, le grand groupe industriel français spécialisé dans l'aéronautique, ce lancement historique est à relier au "discours à la jeunesse" délivré par le président ghanéen Nana Akufo-Addo, lors de la visite de son homologue français Emmanuel Macron. "Ce continent a la plus jeune population de tous les continents au monde. Donc il y a une énergie nécessaire, il y a le dynamisme", avait notamment déclaré le chef d'État, plaidant pour une Afrique autonome montrant au reste du monde ses capacités. "Montrer que la jeunesse ghanéenne est capable de construire des satellites, c'est incarner cette vision, explique Sekou Ouédraogo. Car l'espace n'est pas seulement scientifique, mais aussi politique."

Algérie-Maroc : un remake de la guerre des étoiles ?

Le lancement du premier satellite marocain d'observation début novembre démontre particulièrement l’aspect politique que peut revêtir la conquête spatiale. Ce Mohammed-VI-A est capable de fournir en moins de vingt-quatre heures des clichés d’une résolution allant jusqu’à 70 cm, de n’importe quel point du globe. Un engin qui aura couté 500 millions de dollars au royaume : "Avec la tension latente avec son voisin algérien, le Maroc a sans doute voulu montrer qu'il était un pays fort", analyse l'ingénieur de Safran. Pour Sekou Ouedraogo, ce lancement s'inscrit dans une stratégie géopolitique plus globale du pays maghrébin : "Il y a une vraie volonté marocaine de prendre la place qu'occupait la Lybie en Afrique. Le pays a réintégré l'Union africaine et veut également rejoindre la Cedeao, il y a pas mal de rachats des anciens télécoms libyens. Elle veut prendre une place stratégique dans la lutte pour le climat", énumère l'ingénieur. "Le lancement de satellites permet de montrer à la fois que le pays a une assise financière importante, mais aussi une vision à long terme tout en étant à la pointe sur le plan technologique. C'est un message à l'Afrique et au reste du monde."

Cependant, être le seul pays africain doté d'une telle technologie n'est pas sans attiser quelques tensions. Si officiellement, le satellite "espion" marocain doit permettre de lutter contre l’immigration clandestine ou le terrorisme, l'Algérie de son côté voit d'un mauvais œil le déploiement de cet appareil qui serait capable d'observer ses frontières, voire au-delà. Soucieuse de ne pas apparaître à la traine dans cette course à l'espace avec son voisin, l'Algérie a lancé le sixième satellite de son histoire jcelui-ci dédié aux télécommunications – début décembre, en partenariat avec la Chine. Le gouvernement assure d’ailleurs que celui-ci a été entièrement conçu et réalisé en Algérie.

Et maintenant ?

"Le lancement de quatre satellites africains en 2017 était sans doute un hasard du calendrier, mais elle fera date", analyse Sekou Ouédraogo. "Avec cet dynamique, de plus en plus de chefs d'États vont se tourner vers l'espace, et de plus en plus de prestataires aérospatiaux s'intéresseront au marché émergent qu'offrira l'Afrique."

Une dynamique qui pourrait faire avancer la coopération africaine dans le domaine. En 2016, l’Union africaine était allée dans ce sens en adoptant un texte intitulé "l’African Space Policy and Strategy", promouvant le développement des programmes spatiaux, leur soutien financier ainsi que la collaboration dans le domaine.

Texte par Romain HOUEIX

http://www.france24.com/fr/20171223-2017-afrique-espace-politique-aerospatiale-ghana-maroc-algerie-angola-satellite-strategie