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2017 a consacré l'émergence des "small sat", ces mini-satellites de moins de 600 kg envoyés en orbite basse. Il y a eu l'année dernière quelque 335 lancements enregistrés : un chiffre record, multiplié par 6 en cinq ans. Et l'avenir s'annonce florissant : "il y a actuellement 160 propositions de constellations avec un total de 25 000 petits satellites", note Martin Sweeting, Président exécutif de l'opérateur français Surrey Satellite Technology. Les constellations de mini-satellites permettent un renouvellement des clichés d'observation de la Terre inégalé, ainsi qu'un Internet haut débit bon marché. Quelques ombres au tableau subsistent toutefois : la rentabilité d'abord, puisque les lancements, par ailleurs limités aux espaces restés vacants sur les lancements de plus gros volumes, restent trop chers et trop limités. Parallèlement, les "small sat" disposent d'une durée de vie réduite, puisque placés en orbite basse et dépourvus de systèmes de propulsion, ce qui les amène régulièrement à retomber en brûlant dans l'atmosphère. Enfin, la valeur des images d'observation des petits satellites reste limitée car "deux-tiers d'entre elles sont composées d'océans et de nuages, et pour le besoin d'informations locales, les drones restent plus performants", estime Grégory Pradels, chargé du développement des applications nanosats d'Aerospace Valley. Les enjeux du boom des mini-satellites réside autour de lancements qui leur soient uniquement dédiés, de la miniaturisation des systèmes de propulsion et du renforcement de la chaîne de valeur par de l'analyse des images collectées.

13 février 2018 - Les Echos

 

Le lancement le 26 décembre d'un satellite par l'Angola viendra conclure une année faste pour l'aérospatial africain. Sept nations du continent ont désormais des engins en orbite, ce qui ne va pas sans provoquer quelques tensions au sol.L'Angola aura le regard tourné vers les étoiles mardi 26 décembre. Le pays lancera son premier satellite de communication, Angosat, conçu par des ingénieurs russes. Preuve de l’importance de l’événement dans le pays, la télévision publique suivra en direct la trajectoire de l'appareil, lancé à travers un porte-fusée ukrainien Zenit, décollant du Kazakhstan.

L'année 2017 aura été une année intense pour l'activité spatiale africaine. Quatre nouveaux satellites appartenant à des États africains ont été lancés dans l'espace. Si le lancement du satellite angolais se déroule sans problème, le pays deviendra la 7e nation africaine à posséder un engin en orbite géostationnaire au-dessus de la terre, après le Maroc et le Ghana qui ont également lancé un appareil en 2017. Jusqu'à cette année faste, le club des États africains possédant leurs propres satellites restait assez restreint. On en dénombrait quatre : l’Algérie, l’Égypte, le Nigéria et l’Afrique du sud. Ces deux derniers sont les poids lourds du club et font figure de pionnier. Le Nigeria a créé son agence spatiale dès 1999, la National Space Research and Development Agency (NASRDA). Opérationnelle le 1er août 2001, elle met en orbite son premier satellite deux ans plus tard : NigeriaSat-1, construit en collaboration avec l’entreprise britannique. L'Afrique du sud, quant à elle, aura attendu 2010 pour mettre sur pied sa propre agence spatiale, la Sansa. Cependant, le premier satellite sud-africain SunSat avait été lancé en 1999, avec l'aide de la Nasa.

Le Ghana affiche son ambition. Mais le lancement d'un satellite par le Ghana en juillet fait figure de symbole. L’appareil a été entièrement fabriqué au Ghana : "Au-delà de sa fonction d'observation, ce satellite a une vocation éducative et symbolique. Il vise à donner un sentiment de fierté aux universitaires ghanéens. Le pays affiche ici son ambition, ses compétences et ses moyens", explique Sekou Ouédraogo, président de l'African Aeronautics & Space Organisation et auteur en 2015 du livre "L’Agence spatiale africaine, vecteur de développement", à France 24. Pour cet ingénieur de Safran, le grand groupe industriel français spécialisé dans l'aéronautique, ce lancement historique est à relier au "discours à la jeunesse" délivré par le président ghanéen Nana Akufo-Addo, lors de la visite de son homologue français Emmanuel Macron. "Ce continent a la plus jeune population de tous les continents au monde. Donc il y a une énergie nécessaire, il y a le dynamisme", avait notamment déclaré le chef d'État, plaidant pour une Afrique autonome montrant au reste du monde ses capacités. "Montrer que la jeunesse ghanéenne est capable de construire des satellites, c'est incarner cette vision, explique Sekou Ouédraogo. Car l'espace n'est pas seulement scientifique, mais aussi politique."

Algérie-Maroc : un remake de la guerre des étoiles ?

Le lancement du premier satellite marocain d'observation début novembre démontre particulièrement l’aspect politique que peut revêtir la conquête spatiale. Ce Mohammed-VI-A est capable de fournir en moins de vingt-quatre heures des clichés d’une résolution allant jusqu’à 70 cm, de n’importe quel point du globe. Un engin qui aura couté 500 millions de dollars au royaume : "Avec la tension latente avec son voisin algérien, le Maroc a sans doute voulu montrer qu'il était un pays fort", analyse l'ingénieur de Safran. Pour Sekou Ouedraogo, ce lancement s'inscrit dans une stratégie géopolitique plus globale du pays maghrébin : "Il y a une vraie volonté marocaine de prendre la place qu'occupait la Lybie en Afrique. Le pays a réintégré l'Union africaine et veut également rejoindre la Cedeao, il y a pas mal de rachats des anciens télécoms libyens. Elle veut prendre une place stratégique dans la lutte pour le climat", énumère l'ingénieur. "Le lancement de satellites permet de montrer à la fois que le pays a une assise financière importante, mais aussi une vision à long terme tout en étant à la pointe sur le plan technologique. C'est un message à l'Afrique et au reste du monde."

Cependant, être le seul pays africain doté d'une telle technologie n'est pas sans attiser quelques tensions. Si officiellement, le satellite "espion" marocain doit permettre de lutter contre l’immigration clandestine ou le terrorisme, l'Algérie de son côté voit d'un mauvais œil le déploiement de cet appareil qui serait capable d'observer ses frontières, voire au-delà. Soucieuse de ne pas apparaître à la traine dans cette course à l'espace avec son voisin, l'Algérie a lancé le sixième satellite de son histoire jcelui-ci dédié aux télécommunications – début décembre, en partenariat avec la Chine. Le gouvernement assure d’ailleurs que celui-ci a été entièrement conçu et réalisé en Algérie.

Et maintenant ?

"Le lancement de quatre satellites africains en 2017 était sans doute un hasard du calendrier, mais elle fera date", analyse Sekou Ouédraogo. "Avec cet dynamique, de plus en plus de chefs d'États vont se tourner vers l'espace, et de plus en plus de prestataires aérospatiaux s'intéresseront au marché émergent qu'offrira l'Afrique."

Une dynamique qui pourrait faire avancer la coopération africaine dans le domaine. En 2016, l’Union africaine était allée dans ce sens en adoptant un texte intitulé "l’African Space Policy and Strategy", promouvant le développement des programmes spatiaux, leur soutien financier ainsi que la collaboration dans le domaine.

Texte par Romain HOUEIX

http://www.france24.com/fr/20171223-2017-afrique-espace-politique-aerospatiale-ghana-maroc-algerie-angola-satellite-strategie

Le Ghana a lancé son premier satellite depuis le Kennedy Space Center en Floride. Ghanasat-1, son petit nom, est un projet mené par une équipe d’ingénieurs de la All Nations University, située au sud du pays. Certains experts pensent qu'une agence spatiale africaine pourrait aider au développement du continent. 

Lancé par la Nasa vers la Station Spatiale Internationale via un vol de la société Space X, Ghanasat-1 a été mis en orbite depuis l'ISS en juillet à l’aide du module Japonais KIBO. D’après les ingénieurs qui l’ont conçu, Ghanasat-1 est opérationnel depuis le dimanche 6 août.

Le projet a duré deux ans et coûté 50 000 dollars. D’après TechCrunch, c’est la JAXA, l’Organisation Spatiale Japonaise, qui a fourni les ressources nécessaires ainsi que des formations pour développer le satellite. Même s'il n'a pas été financé par l'argent public ghanéen, il s'agit du premier satellite africain entièrement fabriqué sur le continent.

De type Cubesat, soit un format de nano-satellite qui tient dans les mains, Ghanasat-1 a deux missions, selon Richard Damoah, professeur et assistant de recherche ghanéen à la NASA interrogé par Techcrunch : « Il a des caméras à bord pour un suivi détaillé des côtes du Ghana. Et nous voulons l'utiliser pour intégrer cette technologie dans les programmes d'enseignement secondaire ». Le Ghana souhaite en effet que les élèves du pays étudient les technologies satellites dès le lycée, afin de se positionner comme le pays africain pionnier de la recherche spatiale.

Course africaine à l’espace

Ce vol assuré par la société d'Elon Musk a également permis au Nigeria d’envoyer un satellite vers l’ISS. Le pays, considéré comme un des pays africains les plus en pointe dans le domaine du spatial, avait déjà aidé la Biélorussie à contrôler un satellite en 2016. Sans oublier l’Afrique du Sud, bien sûr, qui a lancé trois satellites en orbite depuis 1999. Mais ces engins n’avaient pas été assemblés sur le continent africain. 

En juillet dernier, rapporte TechCrunch, Elsie Kanza, directrice Afrique du Forum Économique Mondial, expliquait que « plusieurs nations, comme l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Kenya et l’Éthiopie, possèdent des agences spatiales » mais qu’aucune collaboration à l’échelle continentale n’avait encore été véritablement mise en place. Des efforts panafricains de coordination dans le domaine spatial existent néanmoins,  comme cette stratégie commune envisagée par l’Union africaine en 2016, et qui vise à promouvoir le développement des programmes spatiaux sur le continent.

Afro-pessimisme ?

Dans une lettre ouverte du 17 juillet dernier pour la BBC, la journaliste ghanéenne Elizabeth Ohene explique qu'elle espère que la réussite de la mise en orbite de ce satellite ghanéen inspirera une nouvelle génération d'Africains. Intitulée Un satellite peut-il rendre la science populaire au Ghana ?, le texte pointe les lacunes du continent en termes de recherche scientifique. Elizabeth Obehe y déplore notamment le peu de soutien des gouvernements aux projets scientifiques. 

Selon le site d'information Ghanaweb, la All Nations University souhaite s'attaquer à ce manque d'ambition en travaillant avec le gouvernement du Ghana pour la construction de deux nouveaux satellites : GhanaSat-2 et GhanaSat-3. Ces nouveaux satellites serviront à surveiller la pollution de l'eau, l'exploitation minière illégale et la déforestation.

« La création d'une Agence spatiale africaine serait un véritable outil pour le développement »

Pour certains observateurs, la création d'une Agence spatiale africaine pourrait constituer un outil d'aide au développement du continent. Sékou Ouédraogo, chef de projet aérononautique au sein de Safran, un groupe équipementier dans l'aéronautique et l'espace a publié un livre intitulé L'agence spatiale africaine - vecteur de développement. Il y soutient qu'une Agence spatiale africaine pourrait permettre aux différentes nations africaines de coopéerer selon leurs compétences. Interrogé en 2015 par Le Monde, il précisait : « À travers mon idée, je mets en avant la nécessité d'un échange entre les différents pays d'Afrique. Il ne s’agit pas d’une quelconque volonté panafricaniste mais de mettre en place un véritable outil pour le développement ».

Ses détracteurs  pointent que la création d'une éventuelle Agence spatiale africaine n'est pas la priorité, quand on sait que le continent connaît de graves problèmes de développement. Sékou Ouédraogo assure que la mise en orbite de satellites permettra, entre autres, de garantir la sécurité intérieure et extérieure, en observant des zones de combat par exemple, d'assurer la sécurité alimentaire, en étudiant les zones d'agriculture et d'eau, de veiller à la santé des concitoyens grâce à la télémédecine, ou encore de favoriser le développement économique. 

L'espace pourrait donc bien constituer l'une des clés du développement futur du continent. 

Maylis Haegel

https://usbeketrica.com/article/le-ghana-a-desormais-un-satellite-en-orbite

 

Le Burkinabé Sékou Ouédraogo, chef de projet aéronautique chez Safran, le groupe industriel et technologique français spécialisé dans l’aéronautique et l’astronautique, soutient que la création d’une agence spatiale africaine est une des conditions pour accélérer le développement de l’Afrique.

 Dans une interview à SciDev.Net, il explique notamment que la recherche dans le domaine des études spatiales est une porte de salut pour les Africains, en raison des nombreuses applications de l’industrie spatiale dans le contexte du développement, notamment la télédétection pour les besoins de l’agriculture, de l’aménagement du territoire et de l’environnement, entre autres.

Mais pour que l’Afrique puisse tirer le meilleur parti d’une industrie spatiale viable, Sékou Ouédraogo pose plusieurs conditions, dont la formation, mais aussi la stabilité politique et la bonne gouvernance.

L’auteur, en 2015, de l’ouvrage "L’Agence spatiale africaine – Vecteur de développement" [1], soutient qu’une agence spatiale n’est pas un gadget, mais un instrument indispensable de prospection et de prise de décision.

Sékou Ouédraogo, quel intérêt pour l’Afrique de s’intéresser à l’espace, alors que ses enfants ont du mal à se nourrir ? Quelle valeur ajoutée l’espace peut-il apporter au développement de l’Afrique ?

S’intéresser à l’espace peut paraitre un peu dénué de sens pour un continent qui a du mal à subvenir aux besoins vitaux de ses populations. Certes, l’autosuffisance alimentaire, les guerres, les catastrophes naturelles (désertifications, inondations, feux de forêts, insuffisance au niveau de l’éducation et de la santé, etc.) sont des sujets prioritaires pour le développement de l’Afrique. Néanmoins, l‘utilisation de l’espace n’est pas uniquement liée à un besoin de reconnaissance internationale et n’est pas faite pour servir de vitrine technologique. Cette utilisation au travers de l’outil satellite peut permettre aujourd’hui de solutionner les maux cités précédemment. En effet, il est aujourd’hui possible, grâce aux satellites, d’assurer l’ordre et la sécurité intérieure (police, gendarmerie et sécurité civile, incluant la prévision des catastrophes) ; de garantir la sécurité extérieure (observation des zones de combat ou autres) ; d’assurer la sécurité alimentaire (agriculture, eau et pêche) ; de garantir des conditions de vie décentes avec une perspective de développement durable ; de veiller à la santé des concitoyens (télémédecine, etc.) ; d’assurer l’éducation des concitoyens (télé-éducation, etc..) ; de favoriser le développement économique (gestion des moyens de transports comme l’avion, le bateau, le train, la recherche de matières premières (or, pétrole, etc.).

Ne peut-on pas se contenter, dans ce domaine-ci, des efforts technologiques des pays industrialisés ? Y a-t-il un en enjeu pour l’Afrique à avoir ses propres programmes spatiaux ?

Les coûts des investissements pouvant mener à une indépendance technologique vis-à-vis des sciences spatiales sont gigantesques. Il est clair qu’aucun pays africain, aussi riche soit-il, ne peut assurer ces coûts de développement. Il n’est donc pas imaginable de tout faire seul dans ce domaine. L’enjeu ici est d’utiliser les ressources spatiales existantes dans un premier temps, mais en faisant un effort de formation sur leur utilisation au service du développement. Puis une fois les hommes formés, apprendre à ces hommes à former eux-mêmes à leur tour ; faire en sorte que ces cadres techniques et techniciens puissent, par leur maîtrise de sciences de l’ingénieur, former d’autres personnes dans des domaines connexes aux sciences spatiales (mécanique, thermodynamique, électronique, matériaux, etc.) pour faire progresser le niveau technologique moyen du continent. Ce ne seront pas des programmes spatiaux conventionnels comme le connaissent les pays-phares, qui seront créés, mais des programmes de développement technique à partir de ces domaines techniques car ce qui compte aujourd’hui c’est la formation des élites techniques pouvant utiliser dans un premier temps les sciences spatiales au service du développement. L’enjeu est d’emprunter un chemin menant à la maîtrise des technologies spatiales, aussi bien en termes éducatifs qu’industriels.

Vous faites partie de ceux qui plaident pour la création d’une agence spatiale africaine. Quel est en l’objectif ?

La création d’une agence spatiale africaine est un objectif qui peut paraître utopique, si on l’aborde avec un filtre occidental. Les agences spatiales européenne, américaine et russe existent depuis plusieurs décennies et ne se sont pas faites en un jour. Elles ont aujourd’hui la capacité de concevoir des lanceurs pour accéder à l’espace et de concevoir des satellites pour en optimiser l’utilisation. Aujourd’hui les Africains n’ont ni les moyens financiers, ni le niveau de développement technologique suffisant pour créer un outil tel qu’une agence spatiale africaine à l’image d’une agence spatiale européenne par exemple. Il n’est pas question de cela aujourd’hui. Cette agence spatiale dont je fais la promotion dans mon ouvrage, devra avoir pour objectif de réunir les ressources spatiales africaines dans un ensemble compact et institutionnellement uni. Cette agence aura pour principale mission de mettre à disposition des peuples les applications satellitaires à partir des satellites issus de pays membres et/ou d’autres pays. Elle devra être un organe de formation pour les futures élites africaines et de recherche pour mettre au point et maîtriser les applications et les besoins pouvant aider au développement du continent dans des domaines choisis par elle. Mon ouvrage permet d’approfondir ma pensée sur le sujet.

Aujourd’hui, où en est l’industrie spatiale africaine ? On imagine qu’on en est encore à un stade embryonnaire…

Effectivement, l’industrie africaine se situe, au niveau du développement de sa technologie spatiale, bien en-deçà de celle des acteurs mondiaux majeurs du domaine. Mais un pays comme l’Afrique du Sud est de loin la nation la plus avancée dans le domaine spatial sur le continent. Depuis les années 50, elle a suivi les satellites américains pour déterminer les effets de la haute atmosphère sur leurs orbites. Les premiers missiles sud-africains ont été construits avec l’aide d’Israël. Le 23 février 1999, le premier satellite sud-africain construit par l’université de Stellenbosch a vu le jour. Le 9 décembre 2010, la première agence spatiale sud-africaine – la SANSA - voit le jour, à son tour. Elle possède un département de l’observation de la terre, un autre d’ingénierie spatiale, un troisième dédié aux sciences spatiales et enfin un dernier dédié aux opérations spatiales. Il y a aussi le Nigéria qui est le deuxième plus gros acteur spatial en Afrique sub-saharienne. Il dispose de 5 satellites, d’une agence spatiale nationale et d’un autre organisme lié à la rédaction d 'articles sur le spatial. Le Nigeria investit des moyens pour utiliser les sciences spatiales au profit des télécommunications notamment. Il avait notamment la volonté d'envoyer en 2015 un astronaute dans l'espace.

Quelle est la place du reste de l’Afrique dans le domaine de l’espace ?

Il y a aussi, dans une certaine mesure, pour l’ensemble du continent, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et le Kenya. L’Afrique sub-sahérienne n’est pas beaucoup représentée dans les nations spatiales majeures. La Côte d’Ivoire possède une agence dans le domaine de l’observation de la terre liée à l’aménagement du territoire. Mais le site est rudimentaire et à part l’utilisation des cartes venant de satellites, je ne vois pas trop ce qu’ils font.

Le Gabon, pour sa part, a créé le 25 février 2010, l’Agence Gabonaise d’Etudes et d’Observation Spatiale (AGEOS), possédant une station de réception d’images satellitaires et un centre de formation dans le domaine de l’imagerie satellitaire. Il semble y avoir une réelle volonté de développer les sciences spatiales dans ce pays pour ce qui concerne la préservation de l’environnement, ainsi que dans la connaissance des sciences spatiales

Après les Etats, beaucoup de jeunes Africains essaient aujourd’hui de donner corps à des rêves d’inventeurs, en lançant des projets de construction de drones ou d’avions, avec plus ou moins de succès. En fin de compte, le décollage technologique de l’Afrique a-t-il une chance de se matérialiser à travers ces initiatives ?

Des projets de constructions de drones ou d’avions montrent l’intérêt et la volonté de la jeunesse africaine d’accéder à ces sciences. Il est vrai que des vocations naissent tôt et qu’elles permettent à des jeunes de progresser par la motivation et de s’orienter vers ces sciences. Mais ce n’est pas suffisant car les sciences aéronautiques et/ou spatiales sont des sciences exactes qui nécessitent du professionnalisme et des moyens en formation de très haut niveau, ainsi que du matériel de qualité.C’est ce qui permet à un pays et/ou continent de décoller technologiquement.

De même, plusieurs projets de constructions d’automobiles, susceptibles de profiter, à terme, à une industrie mécanisée, ont été lancés dans plusieurs pays africains. Quelle est la viabilité de tels projets, au regard de la sophistication des industries automobiles dans les pays industrialisés ?

Tout dépend du pays africain considéré. Si on prend des pays comme l’Afrique du sud, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie ou le Nigéria, je pense qu’il est possible de concevoir des usines d’assemblage d’automobile dans un premier temps avec l’appui fort des industriels automobiles majeurs mondiaux. Mais uniquement d’assemblages de modules simples déjà conçus par ailleurs. En effet pour concevoir des automobiles, l’Afrique a besoin de cadres techniques de haut niveau dans de nombreux domaines techniques, de techniciens de niveau bac+2 mais surtout de compagnons dont la valeur ajoutée reste l’expérience. Et malheureusement nous n’avons pas cette expérience. De plus, il faut un cadre législatif favorable et surtout une stabilité politique et une bonne gouvernance. 

Amzath Fassassi

http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/technologie/article-de-fond/un-programme-spatial-africain-pour-quoi-faire.html

L’AASO est une association basée en France au sud de Paris, créée par des africains ayant de hautes responsabilités dans la recherche, l’enseignement et les institutions internationales en Afrique accompagnés par des experts techniques africains de haut niveau, membres de la diaspora africaine vivant en France.
 

AFRIK.COM : Que signifie l’AASO ?

Sekou Ouedraogo  : L’AASO veut dire African Aeronautics & Space Organisation, en français l’Organisation Africaine de l’aéronautique et de l’espace.

C’est une association basée en France au sud de Paris, créée par des africains ayant de hautes responsabilités dans la recherche, l’enseignement et les institutions internationales en Afrique accompagnés par des experts techniques Africains de haut niveau membres de la diaspora africaine vivant en France.

Son nom est volontairement en anglais car elle a pour vocation d’opérer sur le sol africain grâce à des actions en lien avec l’aéronautique et les sciences spatiales ; la langue usuelle utilisée dans le milieu de l’aéronautique et des sciences spatiales étant l’anglais nous avons décidé d’utiliser l’anglais pour la nommée. De plus, le caractère universel de ses objectifs nécessitait une dénomination en anglais pour que son nom fasse écho au plus grand nombre.

AFRIK.COM : Que va faire l’AASO ?

Sekou Ouedraogo  : L’AASO va organiser des rencontres thématiques sur des thèmes en lien avec l’aéronautique et les sciences spatiales du continent africain. Nous avons aujourd’hui 4 thèmes de réflexions autour des problématiques suivantes : préservation de l’environnement, préservation des biens et des personnes, soutien aux systèmes de sécurité, générations futures formations, sur lesquels réfléchissent nos délégués. Les membres de l’AASO seront encouragés à en proposer d’autres.

L‘AASO va coordonner des actions à caractère humanitaire dans les villages du continent africain. L’outil utilisé pour ce faire sera les satellites et les systèmes aéronautiques. Nous montrerons sur le terrain comment ces outils concourent concrètement au développement durable du continent africain. Nous sommes actuellement entrain de travailler avec le Burkina Faso et la Tanzanie pour mettre en place des actions autour de la problématique de la gestion de l’eau.

L’AASO va initier et coordonner des projets de développement utilisant les outils satellitaires et aéronautiques pour permettre aux entrepreneurs ou chercheurs de préférence membres de la diaspora africaine de participer à ces projets en partenariat avec des acteurs locaux comme les villageois, les Organisations Non Gouvernementales ou les institutions locales intéressés.

AFRIK.COM : Quels sont ses objectifs ?  

Sekou Ouedraogo  : Le premier objectif de l’AASO est de concourir au développement des sciences spatiales et aéronautiques. Pour ce faire nous organisons des rencontres entre institutionnelles, chercheurs et industriels du domaine. Nous dispensons des formations à caractère technique dans ces domaines.

Le Deuxième objectif de l’AASO est la coordination d’actions basées sur les applications satellitaires et aéronautiques au profit du développement durable du continent africain (recherche d’eau, amélioration de l’agriculture, luttes contre les feux de forets, les inondations et la désertification, etc...).   Le troisième objectif est de promouvoir et mettre en place des projets de développement partenariaux en lien avec l’aéronautique et sciences spatiales utilisant les compétences locales accompagnées de celles de la diaspora africaine.

 PAR KHALED ELRAZ

http://www.afrik.com/naissance-de-l-organisation-africaine-de-l-aeronautique-et-de-l-espace